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Lebel-sur-Quévillon
Les défis de l'industrie forestière
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Janie Gosselin
La Presse
Près de 1000 personnes ont perdu leur emploi dans l'industrie depuis 2008. La ville s'est vidée d'une part de sa population, partie chercher du travail dans les mines ou l'hydroélectricité, notamment.
« On a perdu 500-600 personnes depuis trois ans, confirme Denis Lemoyne, directeur général de développement économique de Lebel-sur-Quévillon. On est rendus 2700, environ.»
« C'est sûr que l'économie locale a été affectée, ajoute M. Lemoyne. Il y a eu quelques fermetures, mais les gens maintiennent le cap.»
Les Quévillonnais gardent espoir qu'AbitibiBowater rouvrira son usine en mai, comme prévu, et que les 200 employés mis à pied réintégreront leur emploi.
Les projets d'exploration minière à la mine Langlois, dont les activités sont suspendues depuis 2008, semblent aussi prometteurs.
Mais le bois reste la préoccupation première de la municipalité. «La vocation forestière va toujours rester», assure M. Lemoyne.
Comment?
En conquérant de nouveaux marchés. Lebel-sur-Quévillon a les yeux tournés vers les biotechnologies.
« Notre but, c'est de devenir un plan modèle pour les biotechnologies, avec la biomasse», dit M. Lemoyne.
La biomasse est en quelque sorte une réserve d'énergie. Elle peut servir à produire des biogaz ou des biocarburants, comme l'éthanol. Les biotechnologies utilisent les résidus de la forêt.
Un comité de relance se penche sur les possibilités d'établir des usines de biotechnologies dans la municipalité. M. Lemoyne est d'avis que la biomasse pourrait créer autant d'emplois que le village en a perdus.
Bois d'oeuvre
Guy Chevrette, président-directeur général et directeur des communications du Conseil de l'industrie forestière du Québec est d'avis que le panier de produits offerts par le secteur forestier va beaucoup changer dans les prochaines années.
« On va garder les créneaux qui sont bons, comme le bois d'oeuvre, explique-t-il. Mais on va faire moins de transformation du bois et plus de transformation des composantes, pour produire de l'éthanol, des huiles ou d'autres produits nouveaux qui vont compenser largement les autres secteurs.»
M. Chevrette se dit « optimiste» quant à l'avenir de l'industrie forestière.
« Si on peut se sortir de la crise, nuance-t-il. J'espère que le gouvernement va comprendre et rendre l'industrie plus compétitive.»
Le manque de compétitivité est l'une des raisons invoquées par l'ancien ministre québécois pour expliquer les problèmes de l'industrie. Mais c'est loin d'être la seule.
« On ne parle pas de crise forestière, mais de plusieurs crises», souligne-t-il.
La crise du bois d'oeuvre, qui a entraîné des coûts importants, la crise économique, la chute dans le domaine de la construction domiciliaire et du papier... L'industrie forestière a beaucoup souffert au cours des dernières années.
Si tout le secteur a été touché, le Nord-du-Québec, région-ressource, en a aussi pris un coup. Le Plan Nord, établi par le gouvernement Charest pour développer les ressources dans la région du Nord-du-Québec, de la Côte-Nord et du nord du Saguenay-Lac-Saint-Jean, a identifié la forêt comme un secteur important, avec, notamment, les mines et l'énergie renouvelable.
Guy Chevrette reste sceptique sur les impacts du projet.
« Je voudrais avoir confiance. Mais on parle beaucoup trop des démarches et pas assez du contenu, critique-t-il. Quand on parle de développement durable, il faut le faire dans le respect de trois règles : la pérennité de la forêt, le développement social et le développement économique.»
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