Chemise Empire

En affaires depuis 115 ans

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Photo Stéphane Champagne, collaboration spéciale

René St-Amant, président de Chemise Empire. Ce fabricant de chemises de Louiseville est en affaires depuis 115 ans et appartient à la même famille (les Béland) depuis quatre générations.

(Montréal) L'entreprise Chemise Empire est le genre de PME qui impose le respect. Le fabricant de chemises de Louiseville a survécu à la crise du textile qui secoue l'Amérique du Nord, ce qui est déjà un exploit en soi. Mais ce qui étonne le plus, c'est que la PME de 140 employés est en affaires depuis 115 ans et qu'elle appartient à la même famille (les Béland) depuis quatre générations.

Un des secrets de Chemise Empire: sur le demi-million de chemises qu'elle vend chaque année, environ 25% d'entre elles viennent d'Asie. Bref, la PME utilise la main-d'oeuvre bon marché des pays émergents pour se maintenir à flot. Ce qui ne l'empêche pas de fabriquer quelque 400 000 chemises dans ses installations de Louiseville.

«J'aime mieux avoir les trois quarts de ma tarte de revenus que rien du tout», explique René St-Amant, président et coactionnaire de l'entreprise avec sa conjointe Helène Béland, arrière-petite-fille du fondateur de Chemise Empire.

La PME se spécialise dans la chemise d'uniforme. Parmi sa clientèle, on compte notamment la Défense nationale, la GRC et la police de Montréal (SPVM), des organisations qui sont parfois tenues d'acheter des produits canadiens.

«Mais c'est de moins en moins le cas. Il faut une fois de plus prouver que nous offrons un excellent produit, un excellent service et que nous faisons travailler des gens d'ici», dit René St-Amant.

Ces jours-ci, Chemise Empire a appris une mauvaise nouvelle: elle vient de perdre un important client dans le secteur de la restauration. «C'est triste, mais ce n'est pas la fin du monde. Je vais devoir faire de la recherche de nouveaux clients, ce que je n'ai pas fait depuis 10 ans tellement nous étions occupés», précise le président de la PME.

L'entreprise vend 90% de sa production au Canada et 10% aux États-Unis (principalement auprès de corps policiers). Elle souhaite reconquérir de nouveaux clients dans le secteur de la restauration, et pas seulement au Canada, mais aussi chez l'Oncle Sam. Mais pas à tout prix.

«Nous avons déjà fabriqué les chemises d'un casino à Las Vegas. C'était bien, mais c'était trop loin. Ça devenait difficile de faire un bon suivi auprès du client. Nous tirons notre épingle du jeu avec des produits très pointus, il ne faut pas perdre cela de vue», explique René St-Amant, père de quatre enfants.

Depuis deux ans, Chemise Empire a investi près de 750 000$ en équipement et en formation. La PME se modernise au point où René St-Amant n'appelle plus ses employés (90% d'entre elles sont des femmes) des couturières, mais plutôt des techniciennes.

Quant au fameux contrat qu'il vient de perdre aux mains d'un manufacturier ontarien, René St-Amant se fait optimiste: «C'est déjà arrivé que nous perdions un contrat comme celui-là, mais deux ans plus tard, il nous est revenu parce que le client n'était pas satisfait de son nouveau fournisseur. Je vous le dis, nous serons encore là dans 10 ans!» lance M.St-Amant.

 

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