Chanvre industriel

Lanaudière se positionne en leader

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Portrait 2010: Lanaudière

Portrait 2010: Lanaudière

Lanaudièreestchampionne en matière d'accroissement de la population au Québec. Depuis quelques années, la région se transforme à la vitesse grand V. »

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    Martine Letarte, collaboration spéciale

(Montréal) Huile végétale, fil industriel, panneaux intérieurs de porte de voiture: les applications du chanvre industriel sont pratiquement infinies et l'organisme Lanaupôle Fibres et ses partenaires travaillent d'arrache-pied pour faire de la région un véritable pôle de développement et d'accueil pour cette industrie.

«Notre projet est agro-industriel et le but, c'est de développer le chanvre industriel en partant du champ et en l'amenant jusqu'au marché», indique Daniel Babineau, directeur général de Lanaupôle Fibres.

D'abord, des études ont dû être réalisées pour s'assurer que le chanvre pouvait être cultivé dans le climat de Lanaudière et dans son sol sablonneux. Il fallait aussi déterminer la capacité de production.

Pour réaliser différentes expérimentations et plus tard, pour alimenter ses projets de transformation, Lanaupôle Fibres s'est associée à la coopérative de producteurs Lanaufibres (voir encadré ci-contre). «Nous voulons intégrer les producteurs dans nos projets et travailler en collaboration avec eux pour que notre modèle d'affaires soit soutenable», affirme M. Babineau.

Alors que la grande majorité des terres des producteurs est occupée actuellement par des cultures maraîchères ou d'ornement, de petites portions sont dédiées au chanvre industriel.

Vers une usine de défibrage

En plus de la production, il fallait regarder les méthodes de transformation des différentes parties du chanvre industriel. L'objectif de Lanaupôle Fibres: valoriser la plante à 100%.

«Il y a plus de 80 000 produits qu'on peut faire avec les différentes parties de la plante. Nous pouvons utiliser le grain dans le domaine de l'alimentation et du cosmétique, la fibre pour le fil industriel, la chènevotte (la partie boisée) pour faire par exemple des panneaux intérieurs de portes de voiture ou de wagons de métro», énumère M. Babineau.

Le grand avantage du chanvre industriel sur le plastique?

«Il est renouvelable. Et on peut le mouler, comme le plastique», ajoute-t-il.

Déjà, un petit marché s'est développé pour l'utilisation de graines pour en faire de l'huile. Pour ce qui est de la fibre et de la chènevotte, le Québec ne dispose pas encore d'usine de transformation.

Toutefois, les choses pourraient changer rapidement.

«La municipalité de Lavaltrie nous a donné accès à un site pour faire nos expérimentations et plus tard, on pourra y installer notre usine de défibrage», affirme Daniel Babineau.

Quels marchés seront visés avec ces produits? «Le marché local, mais aussi, c'est bien évident que nous bénéficierons de la proximité de Montréal», précise-t-il.

Le projet de production et de développement d'applications pour le chanvre industriel est soutenu par le Programme national sur les bioproduits du Conseil national de recherches du Canada (CNRC), d'Agriculture et Agroalimentaire Canada et de Ressources naturelles Canada.

De plus, plusieurs acteurs locaux appuient le projet.

 

Du tabac vers le chanvre

Lanaudière a été longtemps la région du Québec où était concentrée la culture du tabac. La plante représentait des revenus considérables pour l'économie locale: 150 millions en retombées globales évaluées pour 2000. Or, en 2003: plus rien! La diminution du nombre de fumeurs et l'arrivée de nouveaux joueurs dans la culture de tabac à moindre coût ont convaincu les compagnies de tabac de faire affaire avec de nouveaux partenaires. Du coup, 7000 acres de terre sablonneuse devenaient inoccupées dans Lanaudière. Les producteurs et différents partenaires gouvernementaux et économiques ont alors décidé de chercher de nouvelles cultures vers lesquelles se diriger.

«Rapidement, on a décidé d'aller vers la culture de plantes à fibres et finalement, on s'est arrêté sur le chanvre industriel, puisqu'il a un grand potentiel», indique Daniel Babineau, directeur général de Lanaupôle Fibres.

Comme le Québec avait peu d'expertise dans le domaine, les gens de Lanaudière sont allés chercher le savoir-faire en France. Depuis, 13 anciens producteurs de tabac se sont regroupés pour former la coopérative Lanaufibres.

Avec Lanaupôle Fibres et d'autres partenaires, ils travaillent à développer l'industrie de la valorisation du chanvre industriel dans la région. Le chanvre industriel peut être cultivé et commercialisé en toute légalité au Canada puisqu'il contient de faibles quantités de psychotropes, contrairement à la marijuana, plante de la même famille.

 

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