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Arctique
La nouvelle frontière de l'exploration
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Caroline Rodgers, collaboration spéciale
La Presse
«L'étude la plus exhaustive en ce qui concerne les réserves de l'Arctique est celle de l'US Geological Survey (USGS), dit Frédéric Lasserre, professeur au département de géographie de l'Université Laval et directeur de projet pour le réseau ArcticNet. Elle parle de 13% du pétrole de 30% des réserves de gaz encore à découvrir. Mais l'USGS est très prudent parce qu'il n'a pas fait de forages. Ce sont des extrapolations en fonction de ce que l'on connaît sur la nature géologique des sols. Il est important de rappeler que ce sont des estimations, et non des réserves prouvées.»
Avec la fonte des glaces qui allonge la durée de l'exploitabilité par voie maritime et l'augmentation du coût des matières premières, il est de plus en plus rentable d'aller dans ces régions difficiles d'accès.
«Actuellement, il y a une pression des marchés pour continuer l'exploration de plus en plus au nord et de plus en plus loin, dit Frédéric Lasserre. Mais en même temps, l'industrie pétrolière est très prudente avant de se jeter dans ce que certains présentent, à tort, comme un Eldorado, parce que cela coûte extrêmement cher à explorer et à exploiter.»
En effet, exploiter un gisement de pétrole dans l'Arctique coûterait de 45$ à 100$ le baril, note le professeur dans son livre Passages et mers arctiques. L'intérêt à l'endroit des réserves de l'Arctique est donc fortement lié aux cours des hydrocarbures sur les marchés.
Un bon exemple à cet égard est le gisement de gaz de Chtokman. Situé à 500 km des côtes dans la partie russe de la mer de Barents, il s'agit du plus grand gisement extracôtier de gaz au monde. Bien que son existence soit connue depuis plus de 10 ans, son exploitation a été retardée plusieurs fois en raison des conditions techniques très difficiles et des coûts élevés. De plus, le coût du gaz ayant baissé, il est plus difficile pour les Russes de trouver des partenaires financiers.
Réglementation
Au Canada, il n'y a aucun forage extracôtier dans l'Arctique présentement, et aucune demande n'a été présentée en ce sens devant l'Office national de l'énergie.
Par ailleurs, en raison du déversement survenu récemment dans le golfe du Mexique, l'Office annonçait le 11 mai dernier qu'il procéderait à la revue des exigences en matière de sécurité et d'environnement pour les forages extracôtiers dans l'Arctique.
Compte tenu de cette décision, l'Office a annulé les audiences au cours desquelles les pétrolières demandaient une révision des règles concernant le creusage de puits de secours au cours de forages extracôtiers. Ces audiences seront remplacées par une revue beaucoup plus large de tous les enjeux ayant trait à la sécurité et à l'environnement en milieu extracôtier dans l'Arctique, dont la date n'est pas encore déterminée.
«Nous suivons attentivement tout ce qui arrive dans le monde et nous tirons un enseignement de ces événements, explique Bharat Dixit, chef d'équipe, conservation des ressources. Nous attendons de voir le rapport qui sera produit par les États-Unis en ce qui concerne les causes de l'accident et ce qu'on peut apprendre de cet événement.»
Une société qui veut entreprendre des activités d'exploration pétrolière dans l'Arctique doit suivre des procédures assez complexes. Le tout commence par l'obtention d'un permis d'exploration délivré par le département des Affaires indiennes et du Nord Canada qui leur donne des droits exclusifs de forer dans une région pendant neuf ans.
Ensuite, avant de forer, elle doit présenter un plan à l'Office expliquant toutes les mesures qu'elle compte utiliser pour assurer la sécurité et protéger l'environnement. Si elle trouve du pétrole ou du gaz, elle doit revenir devant l'Office présenter un plan de développement qui doit être approuvé avec que l'exploitation ne commence.
«De plus, les règles actuelles donnent à l'Office une latitude complète pouvant aller jusqu'à ordonner l'arrêt des opérations si nous jugeons qu'il y a un manque à la sécurité», indique Bharat Dixit.
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