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Sur le radar: L'or brille, le dollars US déprime
Q: À votre avis, quel est l'événement le plus significatif des derniers jours à la Bourse?
Le prix de l'or a atteint un nouveau sommet, dépassant 1120$ jeudi. C'est une confirmation que les investisseurs s'attendent à ce que le dollar américain baisse encore. Les investisseurs achètent de l'or quand ils veulent se protéger contre le recul du dollar US. Si la valeur de la devise baisse, parce que les banques centrales ont imprimé trop d'argent, par exemple, les investisseurs veulent avoir quelque chose de tangible, comme monnaie d'échange. L'or a toujours été une valeur refuge.
Q: Quel indicateur surveillez-vous le plus attentivement en ce moment?
Je regarde l'allure des profits qui sont annoncés par les sociétés. Premièrement, la surprise: est-ce que les résultats sont meilleurs ou pires que prévus? Et deuxièmement: qu'est-ce qui explique la croissance des profits? Est-ce la réduction des coûts de production (comme on le voit présentement à travers le monde) ou est-ce parce que les entreprises augmentent leurs volumes et leurs prix? Lorsqu'on verra du volume, on pourra se réconforter et se dire que la confiance est vraiment revenue.
Q: Que feriez-vous avec 10 000$ à investir?
Nonobstant le cycle économique, il faut mettre une proportion en titres à revenus fixes (obligations, certificats d'épargne, etc.) qui correspond environ à son âge (ex: 60 ans = 60%). Le reste peut aller en actions.
Comme gestionnaire d'actions canadiennes, je garde deux gros morceaux dans mon portefeuille: les banques (24%) et les aurifères (15%). La corrélation entre ces deux secteurs est très faible. Cela réduit considérablement la volatilité, sans être obligé de conserver des liquidités élevées.
Pour le reste, j'irais en technologie (Research in Motion), dans les sociétés industrielles (Bombardier) et en consommation (Rona, Alimentation Couche-Tard) pour refléter mon optimiste face à la reprise économique mondiale.
Q: Quel placement évitez-vous à tout prix?
Le cash. S'il y a quelque chose de dangereux, c'est de rester en argent. Imaginez en mars dernier, on disait: faites attention, c'est la pire période depuis 1929. Et depuis le marché est remonté de 60%. Ça fait très mal à un portefeuille!
Les liquidités permettent de tempérer la volatilité. Mais de là à croire qu'on peut déterminer le bon moment pour entrer et sortir de la Bourse... En 2009, vous avez eu la preuve que ça peut donner une catastrophe. Les gens ont eu l'air fou avec le «Sell in May and go away» (un dicton encourageant les investisseurs à empocher leurs gains en mai).
Q: Qu'est-ce que les marchés sous-estiment le plus présentement?
À mon avis, on sous-estime la force de la reprise économique. Autant la baisse a été rapide, autant la hausse est surprenante. C'est comme s'il y avait une fête. Alors que tout le monde dansait, la lumière s'est fermée, la musique s'est arrêtée... et tout le monde s'est mis à chercher le coupable. Maintenant, l'électricité est revenue d'un coup, et on se retrouve tout hébété.
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