La Caisse aurait investi dans le plus risqué des PCAA

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Michael Sabia à la tête de la Caisse de dépôt

Michael Sabia à la tête de la Caisse de dépôt

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La Caisse aurait investi dans le plus risqué des PCAA

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Photo: Archives La Presse

La Caisse de dépôt et placement du Québec a investi de façon importante dans le plus risqué des papiers commerciaux adossés à des actifs (PCAA), des titres sans aucune entente de liquidités, a rapporté Radio-Canada, dimanche.

En fait, la Caisse a pour 6 milliards de dollars de PCAA des séries E, sans garantie de liquidités, ce qui correspond à près de la moitié des 12,6 milliards $ de papiers commerciaux achetés par l'institution, selon les informations obtenues par la télévision d'Etat.

C'est qu'il y a deux classes de papiers commerciaux: les séries A, assorties d'une entente de liquidité, et les séries E, sans aucune garantie.

L'ex-président de la Banque Laurentienne, Pierre Goyette, a dit croire qu'il s'agissait d'une «erreur fondamentale» de la Caisse.

«Si la garantie de liquidité ne s'applique pas, c'est vous qui, comme client, assumez le risque», a expliqué la vice-présidente de l'Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières, Carmen Crépin. «Je pense que beaucoup de clients, s'ils avaient bien compris, n'en auraient pas acheté», a-t-elle ajouté.

La Caisse de dépôt et placement n'aurait pas su ce qu'elle achetait, alors qu'elle détenait presque les deux tiers des papiers commerciaux au Québec et 40 pour cent au Canada?  La Caisse de dépôt, de même que l'ex-patron Henri-Paul Rousseau, ont refusé toute entrevue avec Radio-Canada.

«On ne peut certainement pas argumenter que la Caisse de dépôt n'était pas au courant de la distinction entre les séries E et A, parce que ce sont des initiés, des investisseurs avertis», a soutenu le professeur Louis Gagnon, spécialiste des produits dérivés.

Et la Caisse était actionnaire de Coventree, une des principales sociétés émettrices de papiers commerciaux.

Une partie du Québec Inc. a imité la Caisse et acheté des séries E. Par exemple, la Bibliothèque nationale du Québec a acheté des séries E, ainsi que le comité qui gère la taxe scolaire de Montréal. Domtar y a investi près de 300 millions $ du fonds de retraite de ses employés, a noté Radio-Canada.

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