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PCAA: la moitié des pertes seraient irrécupérables

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PCAA: la moitié des pertes seraient irrécupérables

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Photo: Patrick Sanfaçon, Archives La Presse

Le président de la Banque Nationale, Louis Vachon.

  • Martin Vallières

    La Presse

Le président de la Banque Nationale, Louis Vachon, ne croit plus à une récupération complète de la dévaluation du papier commercial adossé à des actifs (PCAA), après une crise qui a déjà coûté 929 millions de dollars à la principale banque québécoise depuis août 2007.

Une bonne partie de ces coûts est constituée de la dépréciation, évaluée à 40%, des 2,2 milliards en PCAA que détient la Nationale, après les avoir rachetés de ses clients investisseurs.

 

Mais à un actionnaire de la banque qui s'enquérait hier des chances de récupérer une telle dépréciation, Louis Vachon a indiqué que, même avec une reprise économique et un regain des marchés dans quelques trimestres, près de la moitié des pertes sont irrécupérables.

«De la dépréciation de 40% à ce jour de nos PCAA, je m'attends désormais à ce que de 15% à 20% s'avère irrécupérable. Certains PCAA sont vraiment trop détériorés pour qu'on puisse en espérer un regain de valeur», a indiqué le président de la Nationale.

Du même souffle, M. Vachon a réitéré le mea-culpa de la Banque Nationale dans l'évaluation des PCAA au fil des ans.

«Nous nous sommes laissé aveugler par la bonne cote de crédit qui était accordée à ces produits financiers. Les PCAA des dernières années se sont avérés de qualité très inférieure et donc beaucoup plus fragiles que les PCAA de première génération, qui étaient de bons produits.»

Par ailleurs, le pronostic sombre de Louis Vachon sur la valeur d'une partie des PCAA viciés contraste avec les propos rassurants des dirigeants de la Caisse de dépôt et placement, plus tôt cette semaine.

La Caisse détient encore 12,3 milliards en PCAA viciés, qu'elle a d'ailleurs dépréciés de 43% ou 5,6 milliards à ses états financiers depuis l'éclatement de ce marché en août 2007.

En commentant les résultats de la Caisse, mercredi dernier, le président de son conseil, Pierre Brunet, a soutenu que les dépréciations comme celle des PCAA n'étaient «pas des pertes définitives» et qu'elles pourraient être récupérées sur une période «de cinq à sept ans».

Manifestement, le principal banquier du Québec, Louis Vachon, ne partage pas cet optimisme.

Même qu'il a averti les actionnaires de la Banque Nationale, hier, qu'une dévaluation additionnelle des PCAA pourrait être nécessaire en cas de détérioration accrue des marchés financiers et de l'économie.

 

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