Earl Jones a fait un «prix d'ami» avant sa faillite

Francis Vailles et Christiane Desjardins
La Presse
Avant de prononcer la faillite, le tribunal a entendu le témoignage de Cristina Ross. Au moment du décès de son père, en octobre 2008, elle s'est fait suggérer par son oncle de faire gérer l'héritage par Earl Jones, une vieille connaissance.
Après une rencontre, Earl Jones a dit qu'il lui ferait le privilège d'accepter parce qu'il connaissait la famille. Il lui a même offert «un prix d'ami» pour les frais de gestion, soit l'équivalent de 1% du montant de la succession, a raconté Mme Ross.
À la fin mars 2009, Cristina Ross et ses deux soeurs, bénéficiaires de la succession, ont vu que quelque chose ne tournait pas rond après avoir été avisé par la banque que la marge de crédit de leur défunt père n'avait pas été remboursée, comme prévu.
Les trois soeurs ont donc tenté de rencontrer M. Jones à plusieurs reprises, mais les rendez-vous étaient remis chaque fois. Finalement, au cours d'une conversation téléphonique en juin, Earl Jones leur a promis de rembourser rapidement étant donné leur insatisfaction. Il leur a donc fait parvenir trois chèques de 31 000$ postdatés au 1er juillet 2009. Au moment de les encaisser, les soeurs ont constaté que les chèques étaient sans fonds.
Plus tard, les soeurs ont appris que M. Jones avait imité leur signature pour emprunter, à leur insu, la somme de 150 000$ à un médecin en leur nom.
Le tribunal a donc entériné la nomination de RSM Richter comme syndic de la faillite personnelle de M. Jones. Le représentant de Richter, Gilles Robillard, a rappelé ce qui est connu : Earl Jones a peu d'actif personnel en regard des sommes dues. Ses trois condos de Dorval, Mont-Tremblant et Boca Raton (Floride) sont lourdement hypothéqués, donc sans grande valeur.
Le juge a donc prononcé la faillite personnelle de M. Jones, qui ne s'est pas présenté ni fait opposition par l'entremise d'un tiers. L'assemblée des créanciers devrait avoir lieu d'ici 21 jours.
Mardi, dans le cadre de la faillite de l'entreprise de M. Jones, soit Corporation Earl Jones, RSM Richter a indiqué avoir constaté que M. Jones avait fait des retraits personnels ou irréguliers de 12,3 millions à même les fonds de ses clients.
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