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Les caisses de retraite doivent avoir des cibles réalistes
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Sylvain Larocque
La Presse Canadienne
Montréal
«Ce n'est pas vrai que lorsqu'on gère des sommes de capital gigantesques, on peut s'attendre à aller chercher des rendements de 10-12% alors que l'inflation est de 2% à long terme. Je regrette, c'est impossible. L'économie réelle ne peut pas supporter ce type d'écart-là, sauf si on prend des risques énormes et qu'on accepte une variabilité énorme (des résultats)», a déclaré M. Sirois à la tribune de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.
«Un fonds de pension devrait avoir des attentes d'un certain taux de rendement en haut de l'inflation, a-t-il ajouté. Je ne pense pas qu'un fonds de pension devrait dire "je dois être premier quartile» ou quoi que ce soit".»
Le président du conseil d'administration de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Robert Tessier, a assisté au discours de Charles Sirois et n'a rien dit pour le contredire.
«Je pense que comme tout le monde, l'obsession, maintenant, c'est de suivre de très près ce que ceux qui déposent veulent et ont besoin», a-t-il admis.
La Caisse s'est fixé un objectif de rendement à long terme «d'environ 7%». Depuis sa création, en 1966, elle a enregistré un rendement annuel moyen de 8,3%, même en tenant compte de la chute de 25% de la valeur de ses investissements, en 2008, attribuable en partie à des placements risqués.
M. Sirois a souligné que les petits investisseurs devaient eux aussi modérer leurs attentes de rendement, puisque dans certains cas, elles sont devenues «disproportionnées». Il faut également allonger les horizons de placement, selon lui.
Crise financière
Faisant l'autopsie de la crise financière qui a éclaté l'an dernier, l'ancien président de Téléglobe et de Microcell (Fido) a par ailleurs formulé quelques suggestions pour repartir sur de meilleures bases.
Il prône notamment un encadrement plus serré de l'effet de levier (emprunter pour investir), l'imposition de limites sur la variation des cours de certains produits financiers afin d'en réduire la volatilité et l'adoption de nouvelles règles sur les ventes à découvert.
Le plus important, c'est que le secteur financier se remette au service de l'économie réelle, plutôt que l'inverse, a-t-il rappelé, en mettant toutefois en garde contre la «surréglementation».
Président du conseil d'administration de la Banque CIBC depuis février, Charles Sirois a assuré que le mouton noir de l'industrie avait «appris beaucoup» de ses mauvaises expériences, notamment son incursion coûteuse dans le secteur du courtage aux États-Unis.
La CIBC revient désormais «au métier de base des banques: amasser l'épargne et s'assurer qu'elle soit distribuée dans l'économie réelle à tous les niveaux», a expliqué M. Sirois.
Pour Télésystème, la crise financière aura eu du bon: libre de dette, l'entreprise a pu profiter de la récession pour multiplier ses investissements.
Bien sûr, dans le domaine du capital-risque, les attentes de rendement doivent être plus élevées que pour les caisses de retraite ou les particuliers afin de tenir compte de la difficulté de lancer de nouvelles entreprises, a fait remarquer Charles Sirois.
Interrogé à propos de son ancien terrain de jeu, les télécommunications, le dirigeant a dit voir d'un très bon oeil l'arrivée de nouveaux concurrents dans la téléphonie sans fil, dont Vidéotron. À ses yeux, les tarifs ne pourront que baisser.
«Il y a définitivement un manque de concurrence, a-t-il commenté. Comme consommateurs, on paie très cher.»
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