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Pharmaceutiques: pas de profits, pas d'intérêt
Phoro Reuters
Les deux tiers des malades souffrant de maladies virales se trouvent dans le tiers-monde.
VIH, grippe aviaire et grippe A (H1N1), les pays en développement ont été touchés durement par les contagions des dernières années. Pour le Dr Michel Chrétien, un regroupement de chercheurs universitaires bénévoles fera bien davantage pour aider ces pays que l'industrie pharmaceutique, essentiellement animée par les profits.
Sa fondation, la Fondation sur les antiviraux, est «un réseau de scientifiques bénévoles qui cherchent à travers le monde de nouveaux médicaments anti-viraux. Ce ne sont pas des vaccins» explique le médecin reconnu au Canada.
«Les deux tiers des malades souffrant de maladies virales se trouvent dans le tiers-monde. Or, les sociétés pharmaceutiques se désintéressent de ces problèmes parce qu'elles n'y voient pas de profits» déplore-t-il. Dans le monde, 90% de la recherche en santé profite à 10% de la population, déplore-t-il. «Si des chercheurs universitaires développent de nouveaux médicaments, cela va coûter beaucoup moins cher que (si c'était fait) par les pharmaceutiques. Les pharma devraient le faire, mais elles ne le font pas parce que cela n'est pas assez payant» dit-il sans détour.
Lors de la propagation du SRAS à Toronto en 2005, plusieurs chercheurs canadiens ont travaillé ensemble, d'où l'idée de lancer une fondation internationale pour élargir la réflexion.
Actuellement, 225 chercheurs à travers le monde ont adhéré à cette fondation basée à Montréal et à Toronto. Dans le groupe, une quinzaine de biologistes qui se trouvent en Inde. Le prochain congrès de la Fondation réunira une centaine de chercheurs et se tiendra en Inde l'an prochain. «Ils ont des PhD à la tonne, ils sont très forts» résume-t-il.
La Fondation sur les antiviraux vise à amasser des fonds à travers le monde - plus de 100 millions sont nécessaires - pour financer les études cliniques nécessaires après le développement de molécules par les chercheurs.
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