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Le pétrole lâche 6% à New York, au plus bas depuis novembre
Agence France-Presse
New York
Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» pour livraison en septembre a terminé à 81,31 dollars, soit une chute de 5,57 dollars, ou 6,4%, par rapport à vendredi.
Le baril s'est tout juste maintenu à plus de 81 dollars, à son plus bas niveau depuis la fin novembre.
A Londres, sur l'IntercontinentalExchange, le baril de Brent de la mer du Nord à échéance identique a lâché 5,63 dollars à 103,74 dollars.
«Les marchés boursiers se font matraquer, et c'est la même chose pour le brut», a observé Matt Smith, de Summit Energy.
L'agence de notation Standard and Poor's a sorti vendredi soir la première économie mondiale du cercle des emprunteurs les plus fiables, en faisant passer les Etats-Unis de la note «AAA» à «AA+».
La réaction du marché a été «sanglante»: «les investisseurs liquident leurs positions parce que l'avenir est tellement incertain», a ajouté M. Smith, précisant que les conséquences de l'abaissement de la note américaine étaient «surtout psychologiques».
Les investisseurs ont fui les actifs les plus risqués au profit des valeurs refuges: bons du Trésor américain à 10 ans, franc suisse sur le marché des changes, ou encore l'or du côté des matières premières.
L'once du précieux métal a bondi à plus de 1700 dollars lundi.
«L'abaissement de la note et les commentaires de Standard and Poor's montrent que les États-Unis pourraient avoir du mal à payer leurs factures, ce qui pourrait engendrer une baisse continue des dépenses de l'État et une économie ralentie. Et ces deux choses ont pour conséquence une demande de pétrole moins forte», a expliqué Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.
«Le marché anticipe (...) peut-être même une baisse de la demande aux États-Unis», premier consommateur mondial d'or noir, a précisé l'analyste.
Pour les analystes de JPMorgan Chase, l'abaissement de la note n'est pas une surprise, évoquée sur les marchés depuis plusieurs semaines.
«Mais considérée dans le contexte plus large des problèmes de dette publique en Europe et des craintes de contagion sur les marchés financiers, les marchés pétroliers en prennent note», ont-ils souligné.
L'abaissement de la note est venu s'ajouter à une longue liste d'indicateurs décevants et aux craintes de voir l'Europe s'enfoncer dans la crise de la dette.
La chute des prix du pétrole «est en partie en réponse au ralentissement économique, en partie lié au simple fait que les investisseurs éliminent certaines positions afin de lever des liquidités», a indiqué Andy Lipow.
Malgré le maigre rebond du baril vendredi, en huit séances il avait déjà abandonné plus de 10% avant la séance de lundi. Depuis le 26 juillet, dernière séance où il a dépassé les 100 dollars, le baril a abandonné plus de 18 dollars.
Le rapport mensuel du département américain de l'Energie à paraître mardi pourrait offrir quelques éclaircissements sur la situation du marché pétrolier dans le tumulte mondial actuel, a noté M. Smith.
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