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Quand les Québécois vont jouer en Europe
Carbon2Green a décidé de tourner le dos à l'Amérique du Nord et ses marchés volontaires pour jouer sur un tout autre terrain : celui régi par le protocole de Kyoto.
« On veut vendre aux Européens parce qu'eux sont obligés d'acheter. Ça fait en sorte que les prix sont plus hauts », explique Louis Tourillon, président et chef de la direction de Carbon2Green.
L'entreprise veut tirer profit d'un outil inclus dans le protocole de Kyoto - le mécanisme de développement propre ? pour faire d'une pierre trois coups : contribuer au développement des pays les plus pauvres de la planète, lutter contre le réchauffement de la planète... et faire du profit. .
Utopique? Pas tant qu'il n'y paraît.
Le mécanisme de développement propre permet aux entreprises européennes (qui sont déjà obligées par la loi de réduire leurs émissions de GES) de remplir une partie de leurs obligations avec des projets réalisés dans les pays en voie de développement.
Si tout fonctionne comme prévu, chacun y trouve son compte. L'entreprise européenne réduit ses émissions à meilleur coût que si elle avait fait les efforts chez elle. Le pays en développement voit débarquer chez lui des projets et de l'activité économique. Et surtout, le but ultime est atteint : moins de carbone est émis dans l'atmosphère.
C'est exactement ce que veut faire Carbon2Green. Pour ça, l'entreprise mise sur le jatropha, une plante qui génère une huile avec laquelle on peut produire de l'électricité.
Carbon2Green veut planter du jatropha au Congo, puis se servir de l'huile pour alimenter des génératrices qui fonctionnent actuellement avec du diesel beaucoup plus polluant. Ce faisant, elle espère aussi faire baisser le prix de l'électricité, et ainsi étendre son utilisation dans les régions rurales du Congo.
Électrification rurale au Mali, récupération de méthane et déforestation évitée au Congo, mini-centrales hydroélectriques dans plusieurs pays d'Afrique : Carbon2Green ne manque pas d'idées pour générer des crédits de carbone en Afrique.
Pour l'instant, elle se concentre toutefois à implanter son projet-pilote de jatropha au Congo.
« Je suis un gars d'affaires. Je ne suis pas une ONG et je ne réfléchis pas comme une ONG. Mais ce qui m'intéresse, c'est qu'il y a des acheteurs européens de crédits de carbone qui sont prêts à payer plus cher pour des projets qui ont une composante socio-économique », dit M. Tourillon.
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