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Opel: Poutine dénonce le «dédain» de GM
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Olga Rotenberg
Agence France-Presse
Moscou
Le refus de General Motors de céder sa filiale européenne Opel au Canadien Magna associé à la banque publique russe Sberbank illustre «une culture du dialogue assez étrange, c'est le moins qu'on puisse dire, des partenaires américains avec leurs contractants», a déclaré M. Poutine lors d'un conseil des ministres.
«C'est une leçon et nous devrons prendre en considération ce style à l'avenir», a-t-il dit ajouté.
«GM n'a prévenu personne, n'a parlé à personne et a mis tout le monde devant le fait accompli», en dépit «d'accords signés, y compris juridiques», s'est aussi emporté l'homme fort de Russie, qualifiant cette attitude de «dédaigneuse».
General Motors a mis fin mardi à un long feuilleton en annonçant qu'il allait garder sa marque allemande Opel, après des mois de négociations avec l'équipementier Magna, associé à Sberbank, banque publique détenue à 100% par l'État russe.
En septembre, le groupe américain avait conclu un accord pour vendre 55% d'Opel à ce consortium.
M. Poutine avait alors déclaré que la Russie avait fait un «premier pas» vers l'intégration dans l'économie européenne.
Jeudi, il a pourtant minimisé l'impact de la volte-face des Américains en assurant qu'il ne «portait pas préjudice aux intérêts» russes.
Nombre d'experts s'interrogeaient d'ailleurs sur la pertinence de cette transaction complexe et impliquant une compagnie en difficultés au moment où l'industrie automobile nationale traverse elle-même une crise sans précédent.
Vladimir Poutine a également annoncé jeudi que le gouvernement soutiendrait les projets de la direction du groupe Avtovaz, premier producteur automobile russe, pour sortir de la crise, dont le coût s'élève à 54,8 milliards de roubles (1,272 md EUR).
Il a également fait état de la nécessité d'investissements supplémentaires de 5 milliards de roubles (plus de 100 millions d'euros) pour assurer la compétitivité à long terme de l'usine dont le français Renault est actionnaire et qui emploie 100 000 personnes.
L'échec de la transaction avec GM va «réduire la pression» du gouvernement russe sur Renault, récemment sommé par M. Poutine de participer au sauvetage d'Avtovaz, estime Chris Weafer, analyste de la banque Uralsib.
«La décision de GM fait du groupe français le principal partenaire international de la Russie dans le secteur», souligne-t-il.
L'affaire Opel illustre aussi la vision qu'ont les dirigeants russes du développement des industries stratégiques via un partenariat avec des partenaires étrangers, ajoute l'analyste.
De ce point de vue, «la Russie semble perdante», écrit jeudi le quotidien des affaires russe Vedomosti dans un éditorial.
«On ne peut plus rêver de l'accès aux technologies modernes via l'achat d'une compagnie européenne et leur introduction dans une usine par exemple GAZ», constructeur automobile russe qui était considéré un partenaire éventuel dans le consortium Magna-Sberbank, poursuit le journal.
Et de conclure pourtant: «Cela pourrait être pour le mieux: dans les conditions actuelles, plutôt que de rêver des nano et autres hautes technologies, il vaut mieux revoir la structure de gestion étatique pour donner plus de liberté aux hommes d'affaires».
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