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Transdev, propriétaire de limocar, lorgne du côté de Montréal

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  • Marie Tison

    La Presse

D'ici 5 à 10 ans, le transport en commun aura beaucoup changé à Montréal. Des autobus articulés, des tramways, des véhicules légers sur rail, des voies réservées auront probablement fait leur apparition dans les rues de la métropole québécoise.

Transdev, une multinationale française, espère bien participer à cette métamorphose.

«C'est une période excitante, lance le directeur de Transdev Canada, Paul Wren, en entrevue avec La Presse Affaires. Mon but, c'est que nous devenions un partenaire privilégié et que la ville nous considère comme une source d'expertise lorsqu'elle envisagera des voies réservées, ou un nouveau système de tramways. Mais pour cela, il faut d'abord avoir une base solide ici.»

Cette base, c'est Limocar, une entreprise de transport par autobus, que Transdev a acquise en juillet dernier. Limocar effectue notamment la liaison quotidienne Montréal-Sherbrooke en plus de desservir les réseaux du Conseil intermunicipal de transport (CIT) de la Vallée-du-Richelieu et du CIT des Laurentides.

Filiale de la Caisse des dépôts

Transdev, une filiale de la Caisse des dépôts en France (l'équivalent de notre Caisse de dépôt et placement du Québec), n'est pas la première entreprise européenne à placer ses billes dans le transport en commun au Québec et dans le reste du Canada.

Keolis, une parente de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), a pris une participation de 75% dans le Groupe Orléans Express en 2002.

Les autobus d'Orléans Express relient notamment Montréal, Québec, la Mauricie et la péninsule gaspésienne.

En 2003, la société française Veolia a acquis le Groupe Viens, qui dessert entre autres la ville de Saint-Jean-sur-Richelieu.

En 2007, la Britannique FirstGroup a complété l'acquisition de Laidlaw, la société mère de Greyhound, présente au Canada et aux États-Unis. C'est notamment Greyhound qui relie Montréal à Ottawa.

La liaison Montréal-Toronto est plutôt effectuée par Coach Canada, une filiale de la société écossaise Stage Coach Group.

«Au sein des grands groupes internationaux, on recherche dans le monde des occasions d'affaires prometteuses au niveau des liaisons interurbaines et du transport en commun urbain», explique M. Wren, un Britannique d'origine qui vient tout juste de s'installer au Québec.

«S'il y a chez vous une demande réelle pour du transport en commun, et si les villes et les régions sont sérieuses à ce sujet, vous allez attirer des joueurs sérieux.»

Les critères

Montréal et sa région répondent justement à ces critères. Le Plan de transport de Montréal, présenté par l'administration Tremblay en mai dernier, est particulièrement alléchant.

On y parle d'un nouveau réseau de tramways, d'un navette ferroviaire entre le centre-ville et l'aéroport Trudeau, d'une prolongation du métro vers l'est et de voies réservées pour les autobus. Le projet de véhicule léger sur rail entre la Rive-Sud et Montréal est également attirant.

«Il y a tellement de choses qui se passent ici, c'est parfait», affirme M. Wren.

Transdev avait une autre exigence: se trouver une entreprise locale qui constituerait une base solide. Elle l'a trouvée en Limocar.

«Nous avons la même philosophie, nous sommes uniquement intéressés à des services de transport de grande qualité», soutient le patron de Transdev Canada.

Transdev a d'abord pour priorité de faire croître Limocar (elle vient de remporter un contrat pour desservir le CIT Roussillon) et d'améliorer ses services.

Elle réétudie les itinéraires, les arrêts, et même le mode de perception.

Les usagers de la liaison Montréal-Sherbrooke pourraient notamment se passer totalement de billets de papier et présenter au conducteur un billet virtuel sur leur téléphone cellulaire.

Mais Transdev, qui gère 18 000 autobus, 1027 tramways, 92 métros, 27 trains et 34 navettes fluviales dans neuf pays, lorgne sérieusement du côté de Montréal.

M. Wren a déjà rencontré des représentants de la Ville de Montréal, de la Société des transports de Montréal et de l'Autorité métropolitaine de transports pour connaître leurs besoins et savoir comment les assister.

«Nous ne voulons pas faire des choses banales, ennuyantes, mais plutôt essayer de rendre le transport en commun plus pertinent, soutient M. Wren. Nous voulons innover.»

Développer des partenariats

Transdev espère surtout développer des partenariats publics-privés, des projets à très long terme.

"Nous sommes très adaptables, déclare M. Wren. À Nottingham, nous avons fait partie du consortium qui a conçu le réseau de tramways et nous opérons celui-ci. À Melbourne, en Australie, nous sommes uniquement opérateur."

Transdev peut compter sur des partenaires de taille comme SNC-Lavalin et Bombardier.

"Nous avons souvent travaillé avec Bombardier, indique le patron de Transdev Canada. S'il y a un grand projet qui s'en vient, nous savons que nous pouvons travailler ensemble et faire un partenariat à long terme."

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