Controverse immobilière à Sainte-Adèle

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Une petite crise secoue Sainte-Adèle, une ville d'un peu plus de 10 000 âmes des Laurentides et elle implique indirectement Guy Paré, un requin de l'immobilier condamné pour fraude dans les années 1990.

Cette histoire à deux volets a éclaté dans les médias locaux, soit dans l'hebdomadaire indépendant Accès Laurentides et dans son concurrent Le journal des Pays-d'en-Haut.

Tout d'abord, des propriétaires de condos ayant acheté des unités au sein du projet Delacroix Sainte-Adèle multiplient les plaintes pour un arrêt des travaux. Ce projet à l'architecture inspirée de la place Montmartre (Paris) offre des condos de 330 000 $ à 900 000 $ dans un complexe de six édifices reproduisant la vie urbaine. Le projet est évalué à 55 M$.

Le journal des Pays-d'en-Haut allègue que le promoteur Attitude Nord Immobilier pourrait connaître des difficultés financières avec la multiplication d'hypothèques légales contre le projet.

L'entreprise est présidée par Diane Sabourin, la femme de Guy Paré. Ce dernier est vice-président chez Attitude Nord.

M. Paré a été condamné pour une fraude de 1,2 M$ en 1991 relativement à des projets de résidences de personnes âgées baptisées «Les Marroniers» et financées à l'aide de sociétés en commandite.

Mme Sabourin s'est fait connaître dans le monde immobilier en réalisant des manoirs de prestige pour des hommes d'affaires comme Serge Godin (cofondateur de CGI) et Lino Saputo (cofondateur de Saputo).

Au moment d'écrire ces lignes, Diane Sabourin et Guy Paré n'avaient pas retourné les appels de LaPresseAffaires.com.

Un conflit d'intérêts ?

Dans un deuxième temps, ce sont les révélations estivales de l'hebdomadaire Accès Laurentides qui font jaser à Sainte-Adèle. Ce journal a constaté qu'une voiture Mazda RX-8 était conduite par André Mongeau, directeur général de la Ville... mais son locataire était le promoteur Attitude Nord.

Le DG a immédiatement été soupçonné de conflit d'intérêts, la municipalité ayant accepté des dérogations à son plan d'urbanisme afin d'accommoder Attitude Nord dans le cadre du projet Delacroix Sainte-Adèle.

Se défendant par voie de communiqué, la Ville a indiqué le 6 septembre qu'André Mongeau était suspendu à titre de directeur général et que le conseil municipal avait lancé une enquête indépendante.

Toutefois, le communiqué adopte un ton des plus défensifs. «Effectivement, dit le document, on affirme aujourd'hui que l'on n'aurait pas dû donner un prix de reconnaissance, il y a quelques années de cela, à une entreprise dont on tente de faire le procès médiatique.»

«On reproche aux élus d'avoir accueilli un projet de plusieurs millions de dollars, un projet ayant fait l'objet de discussions du Comité consultatif de l'urbanisme, et recommandé par ces derniers, en plus d'une consultation publique pour présenter le projet.»

Une phrase du communiqué a de quoi faire sourire dans les circonstances: «Le choix des résidents, investisseurs et promoteurs [à Sainte-Adèle] ne revient pas aux membres du conseil municipal».

De son côté, André Mongeau affirme effectuer les paiements mensuels pour la location de la voiture par la voie d'une «entente privée» avec Attitude Nord.

Précisions apportées en date du 14 septembre

Nous avons publié en date du 11 septembre 2007 un article intitulé «Controverse immobilière à Sainte-Adèle» dans lequel nous affirmions que «[Attitude Nord Immobilier] est présidée par Diane Sabourin, la femme de Guy Paré. Ce dernier est vice-président chez Attitude Nord.»

Il appert que Madame Sabourin et Monsieur Paré ne sont pas mariés. De plus, Monsieur Paré a plutôt le rôle de Directeur des ventes et de la recherche de projet.

Nos excuses.

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