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Les syndicats de Canwest sur le qui-vive
«On savait que ça s'en venait, dit Paul Cormier, président du syndicat des employés de Global television à Montréal. Pour nous, c'est un peu comme le statu quo. On a passé à travers de très grosses coupes il y a un an. Je dirais que pour nous, cette annonce, c'est quatre à six mois de répit. Au terme de cette période, le plan de relance va pouvoir prendre effet.»
«Ce ne sont pas de bonnes nouvelles, mais ce n'est pas un désastre», poursuit M. Cormier. Les employés se sentent toujours sur la corde raide, mais sont rassurés par le fait que la direction a investi plusieurs millions dans les infrastructures de la station, il y a un an à peine.
À The Gazette, le seul quotidien anglophone de Montréal, on n'est pas non plus surpris par l'annonce d'hier. «Nous savions que Canwest était en grande difficulté, dit Irwin Block, vice président de la Guilde des journaux de Montréal. Depuis des mois, nous sommes inquiets. Mais il n'y a pas de panique chez les employés.»
Les journaux du groupe Canwest, sauf le National Post, sont exclus de la demande de protection, souligne M. Block. Ce qui n'exclut pas une éventuelle vente de ces actifs par la famille Asper. «Nous savons que notre journal fait du profit. Le journal est toujours en santé. Et ce qu'on sait, c'est qu'il y a des investisseurs qui voient encore de la valeur dans les journaux. Je vois très mal qu'une ville comme Montréal n'ait pas un quotidien anglophone.» Des rumeurs ont couru, la semaine dernière, sur la possibilité que le président du conseil d'administration de Canwest, Paul Godfrey, achète certains journaux. M. Godfrey a démenti la nouvelle publiée en ce sens dans le Globe and Mail.
Ailleurs au pays, le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier, qui représente plusieurs employés des journaux Canwest a dit espérer que les employés ne seront pas les victimes «d'erreurs financières désastreuses.» Peter Murdoch, le porte-parole du syndicat, estime qu'il serait «immoral» de faire des mises à pied massives ou de réduire les conditions de travail, puisque les employés ont déjà «tout fait» pour maintenir l'entreprise en vie. «Des milliers de personnes ont perdu leur emploi et il n'y a pas eu d'augmentations salariales depuis des années», dit M. Murdoch.
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