Une femme de Pointe-Claire dépossédée de 6,5 millions

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L'affaire Earl Jones

L'affaire Earl Jones

Consultez notre dossier complet sur Earl Jones, le Montréalais soupçonné d'avoir monté une chaîne de Ponzi dans laquelle une cinquantaine d'investisseurs auraient perdu entre 30 et 50 millions$ »

Une femme de Pointe-Claire dépossédée de 6,5 millions

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Photo: Bernard Brault, archives La Presse

Earl Jones est introuvable depuis près de deux semaines. Personne ne répond à la porte de son appartement de Dorval.

Le financier déchu Earl Jones pourrait avoir escroqué 6,5 millions à une famille de Pointe-Claire, selon des documents produits en Cour avant même que les autorités ne révèlent la présumée fraude.

Quelques heures avant que l'Autorité des marchés financiers ne lève le voile sur la présumée fraude pyramidale, Pamela Stewart a demandé à la Cour supérieure de geler les actifs d'Earl Jones sur-le-champ. Le tribunal y a consenti, mais il était trop tard: les comptes bancaires du financier venaient tout juste d'être vidés (voir autre texte).

La résidante de Pointe-Claire, son frère et sa soeur avaient touché un important héritage au décès de leur frère Peter Lindsay, en janvier 2006. Le défunt avait chargé Mme Stewart et Earl Jones d'administrer sa succession. Les deux hommes étaient des amis d'enfance, explique l'avocat de la plaignante, Me Jean-Paul Robitaille.

Le 31 mai 2008, la succession valait au moins 6 451 265,63$, affirme Mme Stewart dans une déclaration sous serment.

En mai, un chèque de 10 000 $ qu'avait envoyé Earl Jones à Mme Stewart a rebondi. Il lui a envoyé un nouveau chèque lorsqu'elle lui a signalé le problème. Mais dès le mois suivant, le scénario s'est répété. Et au moment d'intenter son action en cour, elle n'avait toujours pas reçu son chèque mensuel pour le mois de juillet.

«Je me suis alarmée et j'ai maintenant des raisons de croire que l'administration de la succession de mon frère est en péril», déclare Mme Stewart dans la déclaration sous serment, que La Presse a obtenu.

La succession ne compte qu'un seul immeuble, d'une valeur d'environ 200 000 $, affirme Me Robitaille. Cela le porte à croire que la quasi-totalité des 6,5 millions administrés par Earl Jones a disparu.

«Depuis quelque temps, le défendeur, M. Earl Jones, était très difficile à joindre, poursuit Mme Stewart, et il omettait régulièrement de me rappeler.»

Faux rendez-vous

D'autres éléments l'amènent à soupçonner que quelque chose ne tournait pas rond à Earl Jones Corporation.

Le financier lui avait fixé un rendez-vous avec un conseiller financier de la Banque Royale, une rencontre qui n'a jamais eu lieu et dont l'existence a été niée par le conseiller. Elle a aussi été avisée par le fisc qu'elle n'avait pas payé ses impôts, même si Jones lui assurait que cela avait été fait. Le bureau de Jones est fermé depuis la fin juin.

Jones, qui est introuvable depuis près de deux semaines, est soupçonné d'avoir orchestré une fraude de 30 à 50 millions. Pour l'heure, il n'est visé par aucun mandat d'arrêt.

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