Toronto et Londres abdiquent devant Maple

Le projet de fusion avec la Bourse de Londres (LSE) sur lequel devaient voter... (Photo Frank Gunn, archives La Presse Canadienne)

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Le projet de fusion avec la Bourse de Londres (LSE) sur lequel devaient voter ce matin les actionnaires de TMX, l'entreprise qui chapeaute les Bourses de Toronto et de Montréal, n'aura finalement pas lieu.

 

 

Au grand soulagement de certains intervenants financiers, au Québec surtout. Mais aussi à la déception de plusieurs autres parce que le débat sur l'avenir de TMX (T.TMX) divise le milieu financier canadien comme rarement auparavant.

En fait, ce sont les dirigeants de TMX et de LSE qui ont jeté l'éponge, hier, après avoir constaté l'insuffisance de l'appui obtenu lors du vote d'actionnaires par procurations qui avait pris fin mardi soir. Ce constat était d'autant plus frustrant pour eux qu'en dépit d'une première majorité simple de votes positifs, TMX aurait eu besoin d'une «super-majorité» d'au moins 66% des votes pour donner suite au projet avec Londres.

Or, après le décompte des procurations, les dirigeants de TMX et LSE ont constaté que cette super-majorité requise serait hors d'atteinte lors de l'assemblée d'actionnaires de TMX convoquée pour aujourd'hui. Conséquence: à 24 heures de cette rencontre, les dirigeants des deux sociétés ont annoncé la «résiliation de leur entente de fusion».

«Nous sommes clairement déçus de ne pouvoir atteindre l'approbation requise des deux tiers, malgré un premier appui majoritaire. Notre projet aurait été une occasion unique pour les actionnaires de TMX de devenir partenaires d'un véritable groupe international, dirigé de Londres et de Toronto», a résumé Xavier Rolet, le chef de la direction de la Bourse de Londres.

Le champ libre à Maple

Du coup, TMX et LSE laissent le champ libre à l'offre d'achat concurrente de TMX promue par le consortium Maple, qui est composé de 13 des plus importantes sociétés financières au Canada.

Cette offre évaluée à 3,6 milliards CAN, à raison de 50$ par action en comptant et par échange d'actions, a émergé au début mai en réplique à l'offre de fusion amicale de TMX avec la Bourse de Londres, annoncée trois mois plus tôt.

S'ils veulent donner suite à l'offre de Maple, les actionnaires de TMX ont jusqu'à sa première échéance du 8 août pour déposer leurs titres en nombre suffisant.

Déjà hier, en première réaction au retrait du projet entre TMX et Londres, le principal instigateur de Maple, Luc Bertrand, s'est dit «très heureux de constater le soutien» que l'offre du consortium a reçu de la part des actionnaires de TMX.

Puis, tendant une perche aux dirigeants de TMX, M. Bertrand, a dit «espérer maintenant pouvoir engager un dialogue positif avec le conseil d'administration de TMX. Notre vision (de Maple) constitue la meilleure voie d'avenir pour TMX et les marchés financiers canadiens».

Luc Bertrand est aussi vice-président du conseil de la Banque Nationale et un ex-président de la Bourse de Montréal.

Selon son offre aux actionnaires de TMX, Maple veut garder la propriété des Bourses de Toronto et de Montréal sous contrôle du secteur financier canadien. Le consortium comprend notamment la Caisse de dépôt et placement, la Banque Nationale, le Mouvement Desjardins et le Fonds de solidarité FTQ.

Mais pour poursuivre sa croissance, TMX fusionnerait le principal concurrent de la Bourse de Toronto, c'est-à-dire la boursmarjoe alternative Alpha, ainsi que des sociétés de gestion comptable (compensation) des transactions de valeurs mobilières.

Selon Maple, avec un tel plan de société boursière intégrée, TMX serait plus apte à cibler ensuite des créneaux du marché boursier international. En particulier les titres d'entreprises de matières premières et d'énergie pour la Bourse de Toronto, ainsi que les produits dérivés pour la Bourse de Montréal.

Toutefois, ce plan d'affaires de Maple a déjà suscité des critiques dans le milieu financier canadien, où certains appréhendent une trop grande concentration du marché. Cette critique pourrait aussi nuire à Maple si son offre pour TMX se rend en examen devant le Bureau fédéral de la concurrence.

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